Il croupit sans grâce aucune sur ce banc,
A l’automne de sa vie, il perd tout espoir.
Une seule idée l’obsède : la mort
Que fait-elle ? Qu’attend-elle ?
Pour se saisir de ce petit corps meurtri,
Tandis que le temps fait son travail, elle attend
Patiemment son heure qui ne saurait tarder.
Seul, immobile, le vieil homme pleurs, tel un enfant
Pleurs, pleurs et se meurt lentement, trop lentement.
En silence…
La beauté n’a pas d’age.
Au fond d’un cœur, elle restera
Dans un souvenir, elle survivra,
Comme on tourne les pages
D’un livre qui jamais ne mourra
Pour y découvrir de nouvelles couleurs
Qui restent et resteront graver dans le cœur
Et tapisse à jamais les souvenirs
Alors pourquoi donc penser à l’avenir ?
Qu’avait-il donc fait ?
L’avait-il mérité ?
Non !
Un jeune garçon ne peut être responsable de ce qui lui arrive
A fortiori s’il est sur le point de s’éteindre.
Il n’avait donc pas eut le loisir de s’extasier longtemps sur
lui-même.
Tous les vastes couloirs de son esprit étaient hermétiquement
clos,
Son âme elle-même rétrécissait et ne gardait qu’une
seule fonction,
Celle de fermer à jamais ses paupières si lourdes et de sécréter
une dernière larme.
Ses visions intérieures avaient disparus derrière un voile noir
et son imagination croupissait dans une sorte de chambre de malade ou le soleil
ne pénétrait jamais.
Tout ce qui était vivant en lui s’affaiblissait, glissait de
plus en plus vers la Mort.
Il était à présent à un point où aucune
puissance quelque elle soit n’aurait pu le ramener à la conscience.
Maintenant, il flottait, inerte, au cœur d’un océan où
se succédaient des apparitions fantastiques.
Des couleurs et des luminosités l’enveloppaient, le pénétraient.
Il se sentit dévalait une pente vertigineuse.
Au bas de cette pente, il bascula dans les ténèbres
…
Puis enfin, il cessa à jamais de savoir.
Les yeux clos, ta douce présence me captive
D’une main invisible empoigne mon cœur,
Et bat enfin le bonheur.
Entends-tu les sirènes ? Ce n’est plus l’heure !
Mon amour, mon cœur
Entends-tu ce bonheur
Longtemps oublié, qui respire cette chaleur
Quel beau rêve, qui au réveil demeure.
Le Sourire.
Je trépigne d'impatience, Papa va m'acheter une glace. Je la vois s'avancer,
mes yeux sont grand ouverts.
Je tends une glace à mon enfant. Je ne suis plus. Rien n'existe, la
glace nous efface.
Je suis pressé, je découvre le regard ravi d'un enfant tendant
ses mains vers un cornet de glace.
Je suis commerçant. Par la vitrine, je vois un père offrant
une glace à son enfant qui bat ses pieds tout en levant ses petites
mains.
Le centre du tableau : l'enfant et la glace. Le titre de cet instant : "
Naissance d'un sourire ".
Chacun s'est échappé de lui-même pour laisser le beau
et l'inattendu glisser un sourire inconscient.
Le Beau et l'Inattendu ne font qu'un, le Sourire les unit.
Ce Poème a été reconnu lors du Prix Litéraire du Sourire de Larousse pour le Musée du sourire : Liens